J'ai connu les frères Larrieu par leur précédent film, déjà avec Sergi Lopez, si je ne m'abuse : Peindre
ou faire l'amour. J'avais aimé ce film assez singulier. C'était un appel à la liberté et au plaisir…J'ai donc décidé d'aller voir Les derniers jours du
monde.
Une série de catastrophes rend la vie difficile : pénuries, alertes graves à la pollution (pluie de cendres,
indisponibilité de l'eau potable, etc), guerres lointaines qui menacent d'atteindre le territoire. Est-ce la fin du monde ? Certains le croient, d'autres non. Chacun cherche une île, un
refuge isolé, hors des catastrophes.
Robinson Laborde, d'abord, ne fuit pas. Il reste à Biarritz, se souvenant d'une passion pour une femme belle et fantasque, résolument libre, refusant d'appartenir à quiconque. Il se souvient,
cherche à comprendre, comme pour faisant le gros dos pendant que dehors l'orage gronde.
Mais la menace, toujours vague, bien que multiple et réellement dangereuse, le force finalement à agir, à fuir lui
aussi. Il est embarqué plus qu'il ne décide de fuir. Il part, rencontrant des êtres désemparés (le personnage de Catherine Frot), un ami que l'on croit solide mais qui est tragiquement désespéré
(Sergi Lopez), son ex femme, experte auprès du gouvernement qui voudrait croire qu'on peut encore organiser quelque chose (au moins une fuite)… C'est une fuite panique… Les réalisateurs
maintiennent une tension forte, malgré le peu d'effets spéciaux et grâce à une bonne utilisation de la musique. Les personnages ne savent plus où ils sont alors ils baisent…parce que le sexe est
une force vitale, animale. Parce que c'est la liberté qui leur reste. Parce que c'est un plaisir encore accessible. Et puisque la fin du monde arrive, autant s'envoyer en l'air de toutes les
manières possibles.
Malgré leur caractère cru, je n'ai pas trouvé que les scènes de sexe soient voyeuristes. Elles témoignent de
l'urgence, de la peur panique des personnages qui ne savent pas ce qui leur arrive (est-ce vraiment la fin du monde ? ).
Ce film vaut pour cette tension, cette panique, cette liberté…
En tous cas, je me suis laissé porté par la force de ce film que j'ai trouvé inspirant...
Merci aux frères Larrieu.