Vendredi 4 juillet 2008

Un ami des espaces cybernétiques m’envoie ce questionnaire, auquel je réponds avec plaisir. Allez voir son blog !

 

Où et quand ?

 

- Dans le métro, le matin, en allant au travail.

- Le soir, dans le métro, en revenant du travail.

- Souvent, aux toilettes, malgré les contre-indications d’Henry Miller dans son ouvrage mineur puisque décevant (puisqu’il me contrarie) malgré son titre intriguant et drôle : Lire aux cabinets.

- Rarement dans les bibliothèques, bien qu’on pourrait croire que ce sont des lieux pour ça.

- Souvent, en vacances ou en week-end, dans mon futon, près du bureau, confortablement assis ou allongé (en fait, en recherche de la position idéale dite de l’affalement heureux, position du zazen européen qui n’est connu que des grands maîtres métropolitains –dont je suis évidemment, étant à l’instant même créateur de l’ordre). Tiens, faites-moi penser un jour à écrire un mot sur « l’affaloir » (justement, si vous ne savez pas ce que c’est, c’est une bonne raison de poser la question !).

- Très souvent dans mon lit, parce que c’est l’endroit le plus confortable de la maison, et parce que c’est l’endroit où je suis pour m’endormir et j’aime à lire avant de m’endormir, pour me laver l’esprit des soucis et pensées infectieuses de la journée… Parfois, j’emmène les personnages, paysages ou décors du livre dans mes rêves (et c’est souvent un secret désir).

- Dès le printemps, dans les parcs et jardins de la ville, à défaut de pouvoir aller dans la vraie campagne, celle où on peut voir les poulets encore vivants et en habit de plumes. Et pour être plus précis, plutôt allongé dans l’herbe que sur un banc…

 

Comment je choisis mes lectures ?

 

Au gré des vents…  Au gré de mon humeur, souvent par attrait pour un titre, pour les mots d’un incipit, pour quelques phrases prises ça et là au hasard dans le livre. Par engouement pour un auteur aussi : si j’ai aimé un de ces livres, j’en essaye un autre, et un autre, puis un auteur dont il est estimé proche ou auquel il est relié, d’une manière ou d’une autre.

 

Mes styles de lectures ?

 

Des romans essentiellement. Je n’arrive pas à lire les essais, même quand le sujet m’intéresse vraiment. Souvent, la lecture me quitte, le livre glisse de ma mémoire, et je ne le trouve que quelques temps plus tard sur la table de chevet, sous une poussière d’oubli… Alors que certains romains me tiennent en haleine, m’aspirent, m’inondent de leurs mondes.

A fort petites doses, de la poésie. Quelquefois, des journaux extimes, des livres d’entretiens. A égalité, et en fait, sans distinction avec les romans, des nouvelles, des contes. Ce qui compte, c’est la qualité de l’écriture, et non pas la longueur de l’écrit.

 

Ce que j'en attends ?

 

La fuite, la qualité de la fuite hors du monde pour me projeter dans un monde nouveau, une sensibilité étrangère. Plus le livre m’emporte, meilleur il est.

J’en attends donc la découverte d’une sensibilité nouvelle, l’ouverture d’une fenêtre sur l’ailleurs, le différent ou le presque pareil. Je n’en attends pas la « révélation », le livre qui « va changer ma vie »,  phrases toutes faites qui me paraissent toujours suspectes. Mais, il est vrai qu’à force de petits écarts, on se réveille parfois différent. Mais c’est une lente maturation.

 

Mes petites manies ?

 

Là, comme ça, je n’en vois pas trop… Essayer d’avoir toujours un livre près de moi, au cas où j’ai un moment propice à la lecture….

Par Hibou Myope - Publié dans : Petites manies
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Samedi 14 juin 2008

Entends-tu ce monde qui gronde ?

 Les routes de la menace, portant ces carcasses de métal qui vibrent, les automobiles, objets de mort et de malheur, armes en puissance, qui font craquer les corps et énervent les tympans, sont les voies de circulation des nouveaux virus aiguisés de la terreur.

Les rues se chargent des sueurs inquiètes des travailleurs morbides, blafards zombies écervelés par les automatismes d'un monde d'apparence immobile qui les broient.

Les immeubles zèbrent le ciel de béton et de verre tranchant. Les nuages sont meurtris et leurs humeurs maussades et mauves s'épandent en masses lourdes de plomb empoisonné.

Sommes-nous morts ? Sommes-nous vivants ? L'angoisse lente appauvrit nos veines en même temps qu'elle nous essouffle. En même temps qu'elle nous essouffle... Mon souffle est court, saccadé... J'ai besoin de drogue et d'amour. De l'ivresse des nuits sans solitude. Je suis prisonnier de ta main comme un oiseau fragile. Caresse-moi. Pleurer est déjà un succès, la réussite d'un combat de pureté et d'élégance svelte. Les minutes sont étroites maintenant dans cet univers sombre qui nous engourdit. J'ai froid et sommeil. Mes yeux sont secs comme les herbes d'un jardin délaissé de fin d'été. Je t'aime. Caresse-moi comme un oiseau fragile. Sois prisonnière de ma main. Ô être un oiseau sans nuage...J'ai froid et sommeil. Je voudrais me protéger du monde, de l'insistance du monde à cogner à ma porte, à notre porte si nous sommes assez solides encore, friables mais presque entiers, pour nous unir dans le rose des matins.

J'aimerais vaincre, c'est-à-dire m'échapper. Devenir insaisissable comme l'ombre et le vent. Accéder à la sérénité de l'oiseau timide sur sa branche gelée. A peine perceptible, presque invisible et présent pourtant comme l'odeur d'un breuvage tiède et réconfortant.

Entends-tu ce monde qui gronde ? Tonnerre déchirant les âmes, ravage des corps et ensevelissement de la volonté. Entends-tu ce monde qui gronde ? Echappons-nous, allons vers la quiétude et la paix, saluons l'herbe fraîche, buvons les étoiles, serrons dans nos cœurs les pensées éteintes. Rêvons, rêvons fort contre les machines et les bureaucrates assermentés. Fuyons en poésie. Disparition tranquille. Evanouissons nos corps dans l'éther bleu et l'absence blanche. Absorbons nos esprits dans l'encre bleue et les pages blanches.

Viens en rêve.. !

Par Hibou Myope - Publié dans : Rumeur du monde
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Dimanche 8 juin 2008
Re Salut à vous, Salamaleikum, Benvenutto et buenas tardes

Les peintures sont encore fraîches, le parquet finit d'etre laqué, l'électricité ne fonctionne pas encore dans toutes les pièces, mais, l'essentiel est là : un toit, des murs, un espace bien délimité. Un espace virtuel, certes, mais un espace à moi... Un espace où écrire, décrire, construire des rêves, poursuivre des idées pour qu'elles filent plus vite, pour qu'elles fuient plus vite. Sans doute un espace à dessiner et à illustrer.
Un réceptacle d'écriture, une toile à peindre. Bref, un laboratoire, une librairire et une galerie en même temps.

Un lieu de rêve, inaccessible dans le réel mais bien existant et presque tangible dans le virtuel (oui, je n'exclue pas les oxymores faciles).


Un lieu à rêver à défaut de le vivre donc...

Mais, je vous en prie, laissez-moi vous inviter à le visiter.

Dans le désordre d'abord : c'est un appartement neuf, les pièces n'ont pas encore trouvées leur agencement définitif, et il est autant susceptible d'etre modifié que de se modifier par lui-meme : espace mouvant, fluctuant, s'accomodant des humeurs du propriétaire et des êtres imaginés ou désirés qui le peuplent et le peupleront (parfois, contre ma volonté).
Dans le désordre, d'abord, en attendant, un jour proche ou lointain, où le désir sera moins flou, plus aigu et la description plus ordonnée. Chaque chose aura sa place alors. Pour un instant au moins.

Le salon est la planète centrale autour de laquelle s'organise en micro-galaxie, comme des satellites, les autres salles. Une entrée accueillante comme une bulle, bien qu'elle soit un sas protecteur et étanche contre le monde extérieur. Une chambre à coucher moelleuse et exquise, propice aux vagabondages des corps et des exprits. Une bibliothèque emplie de souvenirs et d'humeurs, où reposent en fiole les esprits d'écrivains aimés comme des spiritueux de longue garde. Une humerie, conserverie d'odeurs et de fragrances emprisonnées dans des armoires d'apothicaires chinois. Une cave à thé, feuilles délicieuses aux mille parfums. Un salon de brume pour errer, hagard, entre deux songes. Une chambre d'apesanteur. Une cave à grimoire où sous les vieilles tables de chênes sombres se cachent les édicules des trolls. Une galerie moderne et froide de peintures du siècle. Une table à carte pour tracer les routes de Robert Fortune, de Corto Maltese ou pour surveiller le rivage dormant des Syrtes. Une cuisine thailandaise, un laboratoire à saveur catalan, une mijoterie farceuse. Un bureau où l'esprit  cybernétique est sensible au zazen.

Un espace en galaxie, ma galaxie, celle où je vous invite dès aujoud'hui.

A bientôt..........

Par Hibou Myope - Publié dans : C'est mon blog !
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Dimanche 8 juin 2008
Bienvenue à tous !

Voila, c'est décidé, je m'installe ici. Je déménage de mon ancien blog  "Obsédé textuel"  pour m'installer ici.

Ce n'est pas plus spacieux, ce n'est pas plus clair mais le jeu de mots en titre disparait. Je dois confesser que le terme "obsédé textuel" m'a lassé. C'est vrai qu'il me défini assez bien. L'autre jour, en revenant de la boulangerie, je me suis surpris à lire le papier enveloppant mon pain, papier vantant  les mérites d'une chaine de boulangerie mais aussi papier portant citations littéraires à propos du pain... Comme quoi, s'il y a des obsédés textuels, il y a aussi des marketeurs fous qui les nourrissent... En effet, il y a bien quelqu'un qui a pensé qu'on lirait l'emballage du pain bien que d'une part, cela soit très mal pratique étant donné que ce papier entoure le pain (et donc les textes sont déformés), d'autre part, le trajet moyen de la boulangerie au domicile doit etre très court, et donc le temps consacré à la lecture d'emballage est fort restreint.

Bref, tout ca pour dire, qu'obsédé textuel, en banderolle, ca ne me plaisait plus.

Me voici donc à partir de désormais et pour un temps non déterminé sous la nouvelle bannière du Hibou Myope...

Et Hibou Myope sera désormais mon pseudonyme bloguesque.

Chère lectrice, cher lecteur, je vous salue et vous souhaite un bonne lecture !



Par Hibou Myope - Publié dans : C'est mon blog !
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